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MētisPresses

Bleuir l’immensité

Les cahiers Gabbud ou la poésie graphique d’un jeune berger qui prit son temps


Auteure(s):
Éditeur(s) scientifique(s):

Collection:
ISBN:

978-2-940711-03-1


Date de publication:

2022-04-29


Nombre de pages:

152


Poids:

470 g


Dimensions:

16 x 223 x 171 mm


Price:
28 CHf

28.00 CHf


Étiquettes:


Lors d’une résidence de recherche au CREPA (Centre régional d’études des populations alpines) à Sembrancher en Valais, Karelle Ménine découvre un ensemble de documents d’archives exceptionnels. De simples cahiers d’écolier datant du début du XXe siècle remplis d’une fine écriture au tracé débridé dessinant des pages dignes des plus belles pièces de l’Art Brut. Leur auteur est un certain Maurice Gabbud, jeune berger de quinze ans. L’originalité et la puissance graphique qui s’en dégagent et le mystère entourant leur élaboration retiennent immédiatement l’attention de la chercheuse.

Avec cette découverte s’ouvrent pour Karelle Ménine quatre années d’interrogations, d’enquête et de réflexion durant lesquelles elle essayera de comprendre aussi bien le contenu des cahiers que les raisons qui ont amené ce jeune homme à se consacrer à une telle activité d’écriture. Issu d’une famille de paysans de montagne, Maurice Gabbud sera à sa mort, en 1938, un journaliste renommé et un pionnier de la dialectologie suisse romande. De cet itinéraire, les cahiers exhumés ne sont en rien une explication ou une raison : ils sont une rupture et un tourbillon, la marque d’une métamorphose.

Avec Bleuir l’immensité, Karelle Ménine scrute les pages fascinantes des cahiers Gabbud. Elle en décrit les extravagances et les séductions, guide le lecteur à travers leurs méandres, tout en reliant leur contenu à l’Histoire, à l’art et à la littérature auxquels ils ne cessent de se référer. Ainsi, d’hypothèse en hypothèse, l’auteure retrace l’ouverture au monde d’un adolescent autodidacte, décrit le contexte dans lequel il grandit et se forme, et fait des cahiers le miroir d’une soif d’apprentissage et de découverte.

Ce désir du monde est aussi désir de culture. Karelle Ménine compare alors le geste du jeune berger, son besoin de noter et de saisir ce qui l’entoure à celui de tant d’autres écrivains afin de décliner en autant de chapitres les multiples dimensions qui portent certains et certaines vers l’écrit pour en faire leur lien privilégié au monde.


Film court


Nota bene, 11

Ouverture, 15

Quarante-six, 21

Première fois, 27

Un lieu, 33

Le territoire, le texte, 43

Le texte, le territoire, 57

Lister, 67

Arithmogrammes, 81

Le corps, 93

Temps et expérience, 101

Temps et lecture, 111

L’autodidacte, 119

La langue de la terre, 131

Nouvelle pièce, 137

Conclusion, 139

Annexe, 143


"Dans Bleuir l’immensité, le corps est «lieu de mémoire», «lieu d’écriture, son magma autant que son outil». De part et d’autre, pas de sexe, pas de chair. «Si corps il y a, c’est celui de la montagne." 
Thomas Stélandre, Libération, 21 juillet 2022

"En 144 pages, Karelle Ménine aborde en historienne et en écrivaine cette graphie indisciplinée, foisonnante, aussi dense et serrée qu’une forêt, pour en montrer toute la portée (poétique, philosophique, mais aussi historique). Qu’est-ce qui a poussé un berger autodidacte, manquant d’argent pour s’acheter des livres et du papier, à prendre note de tout ce qu’il voyait, lisait ou entendait? On dirait qu’une seule phrase court le long de ces pages, étourdissante, sans interruption." 
Julien Burri, Le Temps, 28 mai 2022

"Ses cahiers évoquent un jardin fertile, agencé tantôt en parcelles soignées, tantôt en friches sauvages, avec beaucoup de buissons fous tout autour." 
Irène Languin, Tribune de Genève, 4-6 juin 2022