de l'air volé

De l’air volé

Fragments d'un art poétique
Auteur(s):
ISBN: 978-2-940406-48-7
Date de publication: 19.01.2012
Nombre de pages: 128

24 CHF

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Description du produit

De l’air volé réunit six essais ou discours sur la poésie, écrits au long d’une période de vingt-cinq ans, prononcés ou publiés jusqu’ici de facon éparse, dans lesquels Pierre Voélin expose une poétique fondée sur la réunion indissociable de l’humilité et de la sévérité. Cette alliance est concue comme la condition d’une poésie libre, lucide, ouverte à la compassion envers les victimes de toutes les propagandes, en particulier celles des génocides et des persécutions au xxe siècle, et apte à s’opposer aux logiques ayant mené à ces catastrophes, encore à l’œuvre à l’heure actuelle. Pour Pierre Voélin, la poésie ne saurait se résumer à un jeu, à une production, définitions à quoi elle a été ramenée par le structuralisme, l’Oulipo ou Tel Quel dans les années 1970. Il s’agit au contraire, à une époque médiatique par excellence, où l’âge de la propagande bat son plein, d’envisager une parole apte à briser nos automatismes, capable de nous arrêter, et de faire retour vers le monde rêche.
Se développe ainsi une poétique spécifique parmi les poètes romands et francais. Pierre Voélin se situe certes dans une famille, et sa méditation de la finitude rappelle celle d’Yves Bonnefoy. Mais sa singularité s’inscrit dans l’importance accordée à la honte (qu’il s’agit d’éprouver, et non pas de refouler), et elle est marquée par une exigence et une fidélité, vertus chez lui garantes d’une liberté et d’une joie. La poésie qui est ici célébrée est ainsi liée à un travail intérieur, rendant nécessaire la rencontre de l’autre, mais non pas dans une sociabilité évidente : bien plutot dans l’expérience commune d’un retour à un irréductible silence. Ayant permis au lecteur de se retrouver lui-même, et de retrouver la fragilité du monde, elle le laisse poursuivre son propre chemin.
Cette expérience de la poésie s’élabore à tâtons, dans un dialogue avec des voix venues d’ailleurs, en particulier celles des poètes russes Ossip Mandelstam et Anna Akhmatova, mais celles aussi d’Emily Dickinson ou d’Umberto Saba. Partant d’une honte nécessaire et salutaire, elle rappelle également la possibilité d’une jubilation.

Né en 1949 dans le Jura, Pierre Voélin est professeur de lettres à Fribourg et vit à Nyon, en Suisse. Il a publié son premier texte Lierres au Feu de nuict en 1984; d’autres livres de poésie ont suivi chez divers éditeurs dont, à La Dogana, Les Bois calmés et La Lumière et d’autres pas et Dans l’œil millénaire paru aux éditions Cheyne, en 2005. Parallèlement à son œuvre poétique, il co-fonde, avec Frédéric Wandelère, les éditions Le feu de nuict.
Son œuvre s’impose d’emblée par sa hauteur de ton, sa maîtrise formelle et prosodique, une musicalité qui souligne une constante gravité de la parole. On peut y entendre s’élever, selon un critique, le «chant de l’humain» dans le tragique de l’histoire du xxe siècle. Dans son premier essai, La nuit accoutumée (Ed. Zoé, 2002), il poursuit sa réflexion sur les enjeux de la parole dans le siècle. Cette réflexion trouve un prolongement dans les essais qui sont ici publiés.

Information complémentaire

Poids 185 g
Dimensions 200 x 140 x 8 mm
Façonnage

livre broché, cousu, couverture souple à rabats